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29/10/2008

Vaudou plus fort que Sarko

Suite de la note "Sarko ne veut pas de poupée".

 

 

La justice française a débouté mercredi Nicolas Sarkozy qui réclamait l'interdiction de la vente d'une poupée vaudou à son effigie et contre laquelle le président français avait engagé une action en référé pour violation de son droit à l'image.
C'est la première fois qu'un président français perd un procès pour atteinte au droit à l'image. Son avocat Thierry Herzog a toutefois annoncé peu après qu'il faisait appel de cette décision, estimant qu'elle "n'était pas conforme à la jurisprudence".

La cour dira "si l'affaire a été ou non jugée convenablement", a complété le conseil du président Nicolas Sarkozy, selon lequel l'audience pourrait avoir lieu vendredi ou lundi.
"Cette représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle", a fait valoir mercredi le tribunal de grande instance de Paris, statuant en référé. Elle "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour", ont ajouté les magistrats.
En conséquence, ont-ils précisé dans leur jugement, "M. Nicolas Sarkozy sera débouté de ses demandes, la diffusion de la poupée litigieuse ne caractérisant pas une atteinte fautive à son droit à l'image ni un trouble manifestement illicite".
Commercialisée depuis le 9 octobre dans les librairies et sur internet par la société Tear Prod, le "Manuel vaudou, Nicolas Sarkozy", est un livre-objet présenté dans un coffret contenant une poupée de tissu, un lot de 12 aiguilles, ainsi qu'un ouvrage de 56 pages.
Outre une biographie humoristique de M. Sarkozy, le manuel propose "un grand nombre de sortilèges magiques" et invite le lecteur à planter des aiguilles sur la poupée à son effigie pour "conjurer le mauvais oeil".
La poupée est en outre bardée d'expressions qui ont jalonné la vie politique de Nicolas Sarkozy, du mot "racaille" dont il avait qualifié des jeunes de banlieues défavorisées, au "Casse-toi pauv'con" lancé au salon de l'Agriculture à un homme qui refusait de lui serrer la main.
Au coffret bleu Nicolas Sarkozy, tiré à 20.000 exemplaires, répond un coffret rouge Ségolène Royal, tiré à 12.000 exemplaires.
L'ex-candidate à la présidentielle socialiste Ségolène Royal a qualifié de "bonne nouvelle" ce jugement, estimant que "c'est la protection d'une liberté de caricaturer les puissants de ce monde" et écartant de porter plainte.
Elle avait auparavant ironisé sur l'action de M. Sarkozy, affirmant que si le chef de l'Etat continue "bientôt il portera plainte contre l'hebdomadaire d'investigation le "Canard enchaîné", contre "Marianne"  (gauche), contre les Guignols de l'Info", une émission de télévision humoristique.
Sur les poupées de Ségolène Royal, sont notamment inscrits "Vive le Québec libre" ou "Justice chinoise". Me Jean-Pierre Mignard, avocat de Mme Royal, a dit juger la poupée de "mauvais goût" mais a affirmé ne "pas envisager d'action en justice".
Cette procédure judiciaire est la sixième engagée par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l'Elysée. En février le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy avaient obtenu la condamnation de la compagnie aérienne Ryanair qui avait utilisé la photo du couple dans une publicité.
L'un des prédécesseurs de Nicolas Sarkozy, Georges Pompidou (1969-1974), avait obtenu gain de cause en 1970 contre la publication d'une publicité. Le 15 octobre 1976, le juge des référés parisien avait condamné l'éditeur d'un jeu de sept familles baptisé "le Giscarte", qui caricaturait le président Valéry Giscard d'Estaing sous les habits de différents personnages historiques, dessinés par Eddy Munerol. (AFP)

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